Terrienne
Jean-Claude Mourlevat
Collection Hors Série Littérature
Age de lecture à partir de 13 ans
16€
400 pages
ISBN 9782070637232
Date de parution 20-01-2011
Tout commence sur une route de campagne... Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et... passe de «l'autre côté». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa sœur à cet univers terrifi ant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie. Et se découvrira elle-même : Terrienne.
Une quête insensée dans un monde parallèle, un roman à vous couper le souffle !
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Pfiou, je viens de sortir de cette merveilleuse lecture qui est un vrai bijou. Épatée, époustouflée, changée sont les mots qui me viennent à l'esprit. Un vrai coup de cœur à tel point que j'en ai eu le souffle coupé (et ce n'est pas qu'une expression !).
Voici mon petit résumé : Anne habite dans un petit village français. Il y a un an, Gabrielle, sa sœur aînée a disparu le lendemain de son mariage et depuis, Anne n'a plus aucune nouvelle. Un vendredi, alors qu'elle fait de l'auto-stop sur une route de campagne, Anne va rencontrer un vieil écrivain, Etienne Virgil qui va la prendre dans sa voiture. Ils vont discuter et elle va lui poser des questions très personnelles qui auraient pu paraître inadéquates, mais qui plaisent à l'auteur sexagénaire qui y répond volontiers. Ce dernier va apprendre qu'Anne cherche sa sœur disparue. Il va finalement la déposer dans un carrefour qui mènerait apparemment à une ville appelé "Campagne".
Etienne va penser à la jeune fille durant toute la semaine qui va suivre, et le vendredi suivant, il va la retrouver au même endroit que la première fois. Pendant cette semaine-là, Anne se trouvait dans un monde parallèle où vivent des êtres qui ne respirent pas et qui ont des voix rocailleuses. C'est dans ce monde-là que se trouve sa sœur.
L'écrivain et la jeune fille vont partir à la recherche de Gabrielle. Ensemble, ils vont découvrir un monde froid, triste, sans sentiments, sans odeurs, sans rires, un monde où les gens sont déjà programmés. Puis, Anne va rencontrer Bran...
Durant ces trois jours de lecture, j'étais scotchée à Terrienne tellement ce livre était passionnant. Cette histoire, qu'on pourrait introduire dans le genre de la dystopie, est bien écrite et le style est original. J'ai, d'ailleurs, dévoré la première partie où toute l'histoire se met en place. On voit que chaque phrase a été travaillée minutieusement. Par la suite, je n'ai plus vraiment fait attention au style car je me focalisais sur l'intrigue, et je ne pourrais donc pas vous en dire plus. Cependant, l'écriture de Jean-Claude Mourlevat est très agréable, fluide et ses idées nous sont très bien transmises.
Dans ce roman, on a droit à une double narration. Les passages qui suivent Etienne sont écrits à la troisième personne, alors que ceux d'Anna sont à la première personne. J'ai bien aimé ce changement qui est assez inhabituel.
J'ai adoré (c'est le mot !) les personnages. Anna, qui au début à l'air de se trouver sur la lune, se révèle être une jeune fille de 17 ans très attachante. On pourrait toutes tombées amoureuses de Bran qui est un hybride (mère terrienne et père de ce monde parallèle), il est gentil, serviable et bien plus humain que certains hommes.
Etienne Virgil, quant lui, ressemble étrangement à J-C Mourlevat, même si son côté solitaire est très différent de l'auteur de Terrienne. C'est le "sage" de l'histoire, même si le fait de suivre Anna ne l'est pas vraiment...
Au dos du roman, il y a une phrase qui dit ceci :"Vous ne respirerez plus jamais de la même manière". C'est incroyable comme c'est vrai. Dans ce monde parallèle, les habitants ne respirent pas, et donc Anna devait constamment se mettre en apnée, je le faisais en même temps qu'elle sans m'en rendre compte, c'était très drôle.
On apprend à redécouvrir tous les moments merveilleux qu'on peut passer sur terre, comme se régaler d'un pain chocolat, d'écouter le chant des oiseaux, de regarder le soleil se coucher, de se dire "A ce matin je vais rester au lit faire la grasse matinée", car au final, on oublie tous ces petits instants si magiques ; on ne se rend même plus compte de la chance qu'on a. J-C Mourlevat nous sensibilise à cela.
Le seul point négatif qui m'a un peu troublé, c'est un passage où un personnage meurt (je ne vous dirai pas qui, les personnes ayant lu le roman le reconnaîtront) ; j'ai trouvé ce passage trop bâclé, pas assez approfondit car jusqu'à la fin je me suis demandée si ce personnage était vraiment mort et ça m'a un peu gênée.
En résumé : Un gros coup de cœur. Un roman merveilleusement bien écrit, qui m'a passionné pendant ces trois jours où à chaque moments de libres, je me mettais à le lire. S'il y a une suite, car la fin nous le laisse penser, je me jetterai dessus, c'est garanti !
Je n'arriverai jamais à faire une critique qui soit à la hauteur de ce roman, je ne peux que vous le conseiller et vous dire "lisez-le ! Ce n'est pas qu'une suggestion, mais une obligation !!" (enfin, non, si lire était une obligation, ça serait triste, mais vous m'avez compris :)
(Critique datant de Février 2011)
Deux passages que j'ai adoré :
"
J'ai pensé aux contes que j'avais lus, enfant, à tous ces romans lus plus tard, à toutes ces fictions comme celle qu'écrivait sans doute le vieux monsieur qui m'avait prise en auto-stop. On y trouve des fées, des géants, des ogres, des fantômes, mais pas plus les auteurs que les lecteurs n'y croient, bien entendu. On les invente juste pour se sentir moins seuls dans notre univers."
Anna, p.70
"
Nous n'ôtons pas nos vêtements, nous les écartons, les retroussons. Et nous faisons ce que font depuis quelques millions d'années déjà les êtres humains qui s'aiment. Avec l'illusion pourtant que nous sommes en train de l'inventer."
Anna, p.310
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