Quelques Minutes Après Minuit - Patrick Ness

Quelques Minutes Après Minuit
Patrick Ness (d'après une idée originale de Siobhan Dowd

Gallimard Jeunesse
Sortie : 20 Avril 2012
18€




Depuis que sa mère est malade, Conor redoute la nuit et ses cauchemars.Quelques minutes après minuit, un monstre apparaît, qui apporte avec lui l'obscurité, le vent et les cris. C'est quelque chose de très ancien, et de sauvage. Le monstre vient lui raconter des histoires, et chercher la vérité...


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C’était hier soir. Je ne crochais pas au livre que je lisais. Et par un simple hasard, j’étais en train de ranger un nouveau roman dans ma bibliothèque. Sauf que celui-ci coinçait, car un autre derrière était trop grand. Je suis donc allée voir quel titre se cachait et faisait des siennes. Comme vous vous en douterez, il s’agissait de « Quelques Minutes après Minuit », un roman de Patrick Ness qui attendait sagement, oublié... Je l’ai pris et je l’ai lu. Ou plutôt dévoré. Et il m’a achevé. Littéralement. Je suis à plat. Faut-il encore que je précise qu’il s’agit d’un coup de cœur ? Je ne crois pas…

Je n’ai même pas lu le résumé, je me suis simplement lancée. J’ai ainsi découvert l’histoire de Connor, 13 ans. Seul, infiniment seul à cause de la maladie de sa maman. Devant subir ses enseignants trop gentils avec lui, ses camarades gênés et Harry et ses copains l’embêtant, ça vie devient un vrai un calvaire. Puis, un soir à 0h07, un monstre-arbre apparaît et commence à lui raconter des histoires ayant des fins en queues de poissons. Connor essaye d’y mettre un sens, mais sans résultat. Et à cela s’ajoute le cauchemar qui vient hanter chacune de ses nuits…

En commençant ce roman, je n’avais vraiment aucune idée de histoire dans laquelle  j’allais m’embarquer. Ce fût une découverte à la fois triste et magnifique. Patrick Ness nous narre une histoire sur l’acceptation du deuil, pourtant si difficile, et imagé à travers un cauchemar qui prend son sens seulement à la fin. C’est infiniment doué !

J’ai souvent du mal avec les roman de 200 pages. Pourtant « Quelques Minutes Après Minuit » ne m’a pas paru trop court, et c’est là toute la force d’un auteur. Le récit se divise de manière floue entre les journées et les nuits de Connor accompagné du monstre. L’enchaînement des événements ne m’a pas semblé bâclé, c’était simplement parfait. C’était l’équilibre qu’il me fallait pour me toucher profondément. Autant vous dire que l’ennui n’était pas au rendez-vous.

Ce nouveau roman de Patrick Ness est également une histoire illustrée (métaphoriquement & réellement). Je ne pourrais pas dire que j’aime regarder les dessins/peintures, car ils sont très sombres et exposent des idées très angoissantes, cependant, ils interprètent parfaitement l’ambiance du roman et du désespoir de Conor. Le travail artistique est réellement recherché et se fond dans l’histoire.

Les principaux personnages sont Connor et le Monstre. Connor porte beaucoup d’amour pour ça maman et se doit d’être courageux, en tout cas, c’est ce qu’on lui répète inlassablement. Comme nous le fait bien comprendre la morale finale, les gens ne sont ni tout blanc, ni tout noir. Connor est donc fait ainsi et ce qui donne dans l’intérêt à son personnage. Le Monstre est un être surnaturel, il a le rôle de conteur, de donneur d’idées… Il aide Connor en lui racontant des histoires, en le mettant sur la route de l’acceptation de la mort proche de sa mère. C’est très dur, et cela est explicité au long de la lecture. La Maman de Connor apparaît peu, mais sait offrir les mots qu’il faut à son fils. J’ai admiré cette forte relation.

L’écriture de Patrick Ness est fidèle à elle-même. Il ne s’embarrasse pas de fioritures, mais va à l’essentiel en employant des mots précis, des mots qui conviennent aux différentes situations. C’est ces mots-là qui m’ont profondément touchée. L’auteur emploie la troisième personne pour nous raconter l’histoire de Connor, ce qui n’empêche pas d’être sensible à la souffrance du jeune l’adolescent.

« Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait qu’elles peuvent déclencher ? » p.61

« - Je ne comprends pas. Qui est le gentil dans l’histoire ?
Il n’y a pas toujours un gentil. Et pas toujours un méchant non plus. La plupart des gens sont entre les deux.
Conor secoua la tête.
- Ton histoire est nulle. C’est une véritable arnaque.
Mais c’est une histoire vraie. Bien des choses vraies ont l’air de tromperies. Les royaumes ont les princes qu’ils méritent, les filles de fermier meurent sans raison, et des sorcières méritent parfois d’être sauvées. Très souvent même. Tu serais étonné.
Connor jeta un nouveau coup d’œil vers sa fenêtre, imaginant sa grand-mère en train de dormir.
- Et en quoi tout cela pourra bien me protéger d’elle ?
Ce n’est pas d’elle que tu as besoin d’être protégé, dit le monstre. » p.74

En résumé, « Quelques Minutes Après Minuit » a été une découverte tant étonnante qu’inattendue. C’est pour moi la magie des circonstances imprévisibles. Ce roman est un magnifique conte sur l’acceptation de la mort d’un être cher, à travers des images tant réelles qu’irréelles. L’écriture est précises et simple afin de viser les sentiments particulièrement déroutants… Un coup de cœur !

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3 commentaires

  1. Rien qu'à lire ta chronique j'ai envie de le relire. Rhalala, j'adore.

    Merci pour les frissons que tu partages grace à ta chronique. Je crois que je vais le relire <3

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  2. Once Upon a Book20 janvier 2013 à 22:30

    Après cette lecture, on a juste envie d'acquérir le plus rapidement ce livre et de le dévorer à notre tour !

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  3. @A Little Matter Whatever : Oh, ben ça ça fait vraiment plaisir :) C'est ce que je rêve de faire ressentir à mes lecteurs ... Alors merci de le ressentir <3

    @Once Upon a Book : Merci :P J'espère vraiment que tu auras la chance de le découvrir...

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